Affaire Georges Frêche

L’affaire fait des vagues chez les élus communistes de la région

 

L’affaire Frêche fait des vagues chez les communistes du Languedoc-Roussillon, certains s’étant désolidarisés de la décision du groupe PCF de réintégrer la majorité régionale du président PS, a-t-on appris jeudi de sources concordantes. Deux élus régionaux communistes des Pyrénées-Orientales, Colette Tignères et Philippe Galano, ont annoncé qu’ils suspendaient leur participation au groupe communiste régional (10 élus sur 67), après les propos controversés de Georges Frêche sur le nombre de “blacks” et de “blancs” dans l’équipe de France de football. “Le +plaider non coupable+ du président du conseil régional ne nous a pas convaincus”, ont-ils écrit jeudi dans un communiqué. “Il jette la suspicion sur l’ensemble des journalistes présents et sur les conseillers communistes de l’agglomération qui ont confirmé la réalité des propos inacceptables de Georges Frêche”. Dans un communiqué, le conseil départemental du PCF des Pyrénées-orientales a annoncé qu’il soutenait leur position, mettant en exergue l’appel à une démission de Georges Frêche lancé mercredi par Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF. Le président du groupe communiste à Montpellier Agglomération (31 communes, 400.000 habitants), Michel Passet, a lui aussi réclamé le remplacement de Georges Frêche à la présidence de l’agglomération. Il a annoncé qu’il suspendait dans l’attente sa “participation comme président du groupe communiste à l’Agglomération”. Quant à Richard Sanchez, secrétaire de la fédération catalane du PCF, il a demandé que la commission nationale des conflits du parti se saisisse “du grave manquement à l’éthique communiste” que constituent les prises de position de M. Jean-Claude Gayssot, vice-président PCF du conseil régional du Languedoc-Roussillon. Celui-ci avait annoncé lundi sa démission de ses fonctions exécutives, avant d’annoncer que le groupe PCF revenait dans la majorité en échange de la création d’une délégation aux droits de l’homme. “Sans remettre en cause l’intérêt de la création d’une telle délégation accordée aux communistes”, les deux élus régionaux des Pyrénées-Orientales ont relevé qu’une délégation similaire avait été promise en mars 2005: “force est de constater que rien n’a été mis en place”, ont-ils affirmé. De leur côté, les Verts ont confirmé qu’ils suspendaient leur participation à l’exécutif de la région (ils sont 7) et à celui de l’agglomération (ils sont 9), et réclamé la démission de M. Frêche. “C’est pour nous la seule solution de sortie de crise”, a déclaré lors d’une conférence de presse Yann Wehrling, leur secrétaire national. Indiquant qu’il avait demandé l’exclusion de M. Frêche du PS, il a ajouté: “ses propos sont la honte de la gauche”.

AP-Jeudi 23 novembre 2006

Georges Frêche menace le Parti socialiste


NOUVELOBS.COM | 21.11.06 | 15:00

Georges Frêche. Le président du Languedoc-Roussillon dit pouvoir “semer la panique” au sein du PS en ouvrant ses dossiers sur l’affaire Urba Graco.

  Georges Frêche (Sipa)
Georges Frêche (Sipa)
 

L e président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, a dénoncé mardi 21 novembre “ceux qui veulent (sa) peau” au PS. Il a assuré qu’il pouvait “semer la panique” au sein du parti en ouvrant ses dossiers sur Urba Graco, une affaire de financement du PS dans les années 1980.
Cependant, estimant que Ségolène Royal a de “bonnes chances de l’emporter” à l’élection présidentielle, Georges Frêche a ajouté: “Je me tairai (…) je ne dirai rien (…) je ne ferai rien contre mon parti”.
“Rien de scandaleux”Georges Frêche a suscité une vive réprobation après ses propos sur l’équipe de France, qu’il estime néanmoins n’avoir “rien de scandaleux”.
Il a assuré mardi, après une réunion de deux heures avec les élus de gauche, qu’il était prêt à revenir devant les électeurs si sa majorité de gauche lui faisait défaut.
“Dans le pire des cas, si les Verts s’en allaient, si les communistes s’en allaient, qu’il n’y ait plus de majorité, on reviendrait devant les électeurs”, a déclaré Georges Frêche.

Les élus communistes lâchent Frêche

 

 

Le président de région, soutenu par les socialistes locaux, risque d’être exclu du PS par le bureau national.

Par Pierre DAUM

QUOTIDIEN : mardi 21 novembre 2006

Montpellier de notre correspondant

     

La crise est montée d’un cran. Hier après-midi, l’ancien ministre communiste Jean-Claude Gayssot a déposé sur le bureau de Georges Frêche sa lettre de démission de la vice-présidence du conseil régional du Languedoc- Roussillon. L’auteur de la loi Gayssot de 1990 contre le racisme donne ainsi un début de réponse aux «graves questions soulevées par les déclarations» de son président de région, qui a considéré que la proportion de Blacks dans l’équipe nationale de football constituait «une honte pour la France». Dans la soirée, Frêche a annoncé qu’il refusait cette démission dans l’attente d’une réunion de tous les groupes de gauche qui doit se tenir ce matin.

Autre courrier reçu par le président de la région: celui de Jean-Louis Bousquet, chef de file des élus PCF, qui demande un report de la prochaine séance du conseil régional prévue le 29 novembre, tant qu’une «solution» ne sera pas trouvée. Le responsable communiste s’étonne aussi du «silence total» des élus socialistes.

«Mais ils ne m’ont jamais appelé directement», se défend Robert Navarro, président du groupe PS à la région, qui promet cependant d’accepter de rencontrer ses «amis» de la majorité (10 communistes et 7 Verts, qui renforcent les 26 socialistes, sur 67 élus au total). La réunion risque de tourner court, puisque les socialistes ont déjà publiquement affirmé leur «soutien unanime et entier au président Georges Frêche», victime innocente d’une «tempête médiatique». À Libération, Robert Navarro a même affirmé que «Georges Frêche n’a pas tenu les propos parus dans la presse», alors que l’intéressé les a lui-même confirmés devant un large parterre de journalistes jeudi.

De son côté, Georges Frêche a battu le rappel en vue de préparer sa défense. Une majorité des conseillers municipaux de l’agglomération de Montpellier (PS, UMP et non inscrits) se sont eux aussi fendus d’un communiqué de «soutien massif» à Georges Frêche. «Ils n’ont pas eu le choix, analyse Jacques Domergue, député UMP de l’Hérault. Ils dépendent trop des subventions de l’Agglo. S’ils parlent, on leur coupe les vivres.» Les ennuis de l’«empereur de Septimanie» ne se limitent pas à sa région. Aujourd’hui, lors du bureau national du PS se réunit à Paris, François Hollande devrait saisir lui-même la commission des conflits. Très discret lors de l’affaire des «sous-hommes» harkis en février, le PS s’était contenté à l’époque de suspendre Frêche du bureau national pour deux ans. Cette fois, l’incontrôlable cacique d’une fédération de 6000 adhérents qui s’était déclaré en faveur de Royal, risque l’exclusion du parti.

 

Georges Frêche a trahi la République !

par Claude Ribbe

Mardi 14 novembre 2006, M. Georges Frêche, président socialiste de la région Languedoc Roussillon, au cours d‘un conseil d’agglomération qu’il présidait à Montpellier, a sacrifié, d’une certaine manière, à la mode des statistiques « ethno raciales » que certains irresponsables (tels que le Cran) appellent de leurs voeux. M. Frêche a en effet regretté qu’il y ait « 9 blacks sur 11 » dans l’équipe de France de football. Ces propos ouvertement racistes, rendus publics par le quotidien Le Midi Libre jeudi 16 novembre, ont bien été confirmés. M. Frêche a même insisté : “J’ai honte pour ce pays, a-t-il ajouté. Bientôt, il y aura onze blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine”.

Le 11 février précédent, le même Georges Frêche avait traité des harkis de « sous-hommes » au motif qu’ils avaient participé à une manifestation de l’UMP. Il ne fait aucun doute que ces déclarations- qui ne sont pas dignes d’un élu de la République - s’inscrivent dans la lignée de M. Alain Finkielkraut qui s’épanchait, un an plus tôt (le 17 novembre 2005) dans le quotidien israélien Haaretz. « On nous dit, déplorait-il, que l’équipe de France est admirée parce qu’elle est black-blanc-beur. [...] En fait, aujourd’hui, elle est black-black-black, et on se moque de nous dans toute l’Europe. » Tout cela est dans la continuité de ce que l’on pouvait lire et entendre du temps de la collaboration.

MM. Finkielkraut et Frêche sont les émules de Georges Montandon, de Gustave Le Bon et de Lucien Rebatet. Le 18 novembre 1946, Rebatet fut jugé et condamné à mort (avant d’être grâcié). Soixante ans plus tard, par question pour les intellectuels français de condamner M. Finkielkraut. Pas question non plus de sanctions administratives. M. Finkielkraut a gardé sa chaire à l’École Polytechnique et sa tribune sur France Culture. Il peut propager tranquillement sa haine avec l’aide des institutions de la République et grâce à la redevance que paient aussi des ultramarins qui ne sont pas jugés assez évolués pour que France Culture soit diffusée dans leurs départements qui sont pourtant français. Cette impunité est encourageante et, donc, fait des émules. C’est à présent M. Frêche qui se déchaîne. Aucune réaction n’est venue du parti socialiste pour dénoncer ses propos sur les harkis. Quelle sera la prochaine étape ? Cette officialisation du racisme dans les milieux intellectuels n’est plus acceptable. Elle n’est plus acceptable non plus dans les partis politiques. L’impunité mène à l’escalade. Le racisme dans le sport est un fléau contre lequel les Français doivent se mobiliser. C’est tout particulièrement aux élus et aux professeurs qu’il appartient d’être vigilants. Quand ils se servent de leur position pour propager le racisme, c’est une trahison.

 Oui, les déclarations de Georges Frêche, comme celle d’Alain Finkielkraut, au-delà de leur ignominie, sont une véritable trahison de la République. Elles sont de nature à allumer, non seulement dans les tribunes de nos stades, non seulement dans nos banlieues, mais jusque dans les cours de nos écoles, une guerre de couleurs sans précédent. La guerre de couleurs est la pire des guerres civiles. Sans même attendre la proclamation de la République, la distinction de couleur a été officiellement proscrite sur le territoire français par la loi du 16 octobre 1791. C’est l’un des principes les plus sacrés du peuple français. Non seulement M. Frêche s’est déshonoré en proférant ces mots ignobles qui violent ce principe fondamental, mais ce déshonneur rejaillit sur son parti. Si, en effet, le PS ne condamnait pas immédiatement des propos aussi abjects et ne sanctionnait pas d’une manière exemplaire celui qui a osé les tenir, alors il serait clair qu’il les approuve implicitement et ce serait aux électeurs d’en tirer les conséquences le moment venu. C’est pourquoi j’appelle le parti socialiste à exclure M. Georges Frêche et à lui demander de démissionner immédiatement de toutes ses fonctions électives. C’est pourquoi j’appelle tous les joueurs de l’équipe de France - quelle que soit leur couleur - à refuser de participer à aucun match tant que M. Frêche n’aura pas été exclu de son parti et qu’il n’aura pas démissionné de toutes ses fonctions. Cela ne préjugera en rien des poursuites judiciaires auquel il ne saurait échapper, de même que M. Finkielkraut.

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